Et si la question de la richesse rejoignait (enfin) celle du développement humain ? Patrick Viveret conseiller référendaire à la Cour des Comptes, philosophe et essayiste altermondialiste nous a offert un rapport demandé par le secrétariat d’État à l’économie solidaire, M. Guy Hascoët en 2002 sur les « nouveaux facteurs de richesse » nommé : Reconsidérer la richesse.

Cela commence par notre représentation actuelle de la richesse qui aggrave les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées au lieu de nous aider à les résoudre. Dans la plupart des dossiers politiques passées et futurs, de la vache folle à l’Erika, de l’amiante aux accidents de la route, les conséquences de grande tempête, la crise des carburants, il y a toujours un élément commun : ces catastrophes sont des bénédictions pour notre Produit Intérieur Brut.

Alors que toutes les activités bénévoles (majoritairement par associations loi 1901) ne permettent nullement de contribuer à la richesse publique, comme par exemple le nettoyage de des plages polluées ou en aidant gratuitement des handicapés.

Soyons donc heureux de ne pas avoir de croissance. Mais alors à quand une représentation de la richesse et de la fonction de la monnaie ?

Les ressources innombrables que la vie et l’intelligence humaine ont su créer n’ont pas de véritable obstacle physique, mais un redoutable adversaire psychique : celui qui naît de la peur et du désir de possession ou de domination. Face aux jeux guerriers que développe cette logique, l’économie sociale et solidaire propose une autre réponse : celle des jeux coopératifs. Mais le principe de coopération et de solidarité ne saurait valoir exclusivement dans la sphère économique. Il est tout aussi nécessaire dans la sphère politique, sociale et culturelle. La vraie valeur, au sens étymologique du terme, c’est celle qui donne force de vie aux humains. Encore faut-il que l’humanité cesse de dévaloriser sa propre condition et de chercher cette valeur introuvable dans des machines ou des signes monétaires. Ce que nous apprennent la mutation informationnelle et les nouvelles frontières de la connaissance et du vivant, c’est que la vraie richesse, demain plus encore qu’hier, sera celle de l’intelligence du cœur.

Lire le rapport publique par La Documentation Française

Voir une interview de Patrick Viveret au 5èmes Assises Nationales du Développement Durable (2008)