Et si le monde ne nous appartenait plus ? Nous avons vu ou lu des bribes d’informations depuis quelques années sur l’achat des terres arables (qui peuvent être labourées ou cultivées). Les investisseurs se lancent à l’assaut de production agricole à forte intensité et à haut rendement dans les pays du Sud. Monsanto doit se frotter les mains en observant la mondialisation atteindre les millions d’hectare investit dans la culture intensive.

En deux ans, plus de cinquante millions d’hectares ont déjà changé de mains. Et des dizaines de millions d’autres sont en voie d’être cédés. À tel point que l’ONU s’en est alarmé : le patron de la FAO, Jacques Diouf, a dénoncé « le risque d’un néo-colonialisme agraire »

Les acquéreurs : des investisseurs et des industriels des pays riches ou émergents (Japon, Chine, Inde, et de nombreux pays du Golfe), soutenus par leurs gouvernements, qui cherchent à garantir la sécurité alimentaire de leur pays. Mais aussi des acteurs purement financiers (Banques, fonds spéculatifs), qui ont compris que la terre sera le placement le plus juteux du XXIe siècle.

Résultat : une ruée sans précédent vers les meilleures terres des pays sous-développés. Ces mêmes pays, comme le Soudan, le Sénégal, les Philippines ou le Pakistan, qui ont connu en 2008 des émeutes de la faim. Pire, certains d’entre eux, comme le Cambodge ou l’Éthiopie, doivent avoir recours à l’aide internationale pour nourrir leurs peuples…

Le Far West est lancé depuis maintenant quelques années et les spéculations sur les matière première alimentaire ne sont pour ces investisseurs que de l’espoir à la rentabilité. Ainsi, la spéculation fait vivre.

Pour le moment, la sécurité alimentaire est assurée par les petits paysans, nous l’affirme Jacques Diouf. Mais qui les protègent aujourd’hui ? Car j’ai bien dit pour le moment…

Alexis Marant nous amène sur trois continents pour nous montrer la mainmise des pays riches et émergents sur les terres cultivables dans le Tiers monde.