Les Repair Cafés sont une initiative lancée par une personne privée, Martine Potsma, une hollandaise militante de l’économie circulaire. Après avoir organisé une manifestation en 2009 à Amsterdam, où les gens apportaient leurs objets en panne et des volontaires les aidaient à les réparer, elle a décidé, face au succès rencontré, de créer une Fondation qui encourage la tenue de Repair Cafés partout dans le monde. En Septembre 2016 il y en avait plus de 1150. Les objets les plus disparates peuvent être réparés : des appareils culinaires, des vêtements, des bicyclettes, des lampes, des lecteurs de DVD ou de CD, des imprimantes, des perceuses, des ordinateurs, des jouets, etc.

Les principaux motifs des organisateurs et des volontaires réparateurs à créer un Repair Café et à y participer sont d’abord d’encourager les autres à vivre dans un esprit de préservation des choses, puis de fournir un service utile à la communauté. Viennent ensuite le sentiment de faire partie d’un mouvement qui cherche à accroître la longévité par la réparation, et enfin d’encourager les autres à réparer. La volonté de partager ses connaissances avec autrui, de rencontrer des personnes qui partagent leurs intérêts, de rencontrer des gens de leur voisinage, viennent après.

La communauté des Repair Cafés est pilotée par la Fondation qui offre la possibilité, moyennant une souscription modeste de 30 € d’obtenir un « kit de lancement » contenant un guide pour démarrer un Repair Café, le droit d’utiliser le logo, des affichettes, une promotion sur le site de la Fondation. Il existe aussi un Wiki où s’échangent les conseils et astuces entre membres des Repair Cafés.

La Fondation bénéficie du soutien financier de sponsors : Stichting DOEN, la structure de mécénat de la Loterie néerlandaise, VSBfonds, un fonds néerlandais d’investissement qui soutient des projets à finalité « sociale », l’entreprise chimique Henkel, qui fait de la durabilité une de ses valeurs en produisant des adhésifs facilitant la réparation courante, la fondation néerlandaise KICI qui collecte des vêtements, Wecycle, une autre fondation qui elle, collecte et recycle des appareils électriques et les lampes à longue durée. La Fondation emploie 5 personnes et deux consultants. En 2015 elle a reçu 225 000 € de subventions et de dons, et a eu un déficit d’exploitation de 6 000 €, qui a été compensé par ses réserves.

Les membres ressentent profondément le besoin d’échanger avec les autres Repair Cafés pour partager leurs expériences. Une semaine des Repair Cafés est organisée par la Fondation (la dernière en date du 18 au 23 Octobre 2016) durant laquelle tous les Repair Cafés sont invités à organiser un événement chez eux, afin de faire connaître leur communauté.

Les membres des Repair Cafés estiment ne pas faire une concurrence déloyale aux artisans réparateurs locaux. Ils pensent au contraire que les objets qu’ils réparent auraient été jetés de toute façon.

Source : Étude de cas préparée par Godefroy DANG NGUYEN pour le MOOC Comprendre l’économie collaborative.